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L’Église orthodoxe arménienne

L'Arménie date son adhésion au christianisme vers le début du IVe siècle (la date exacte reste encore discutée). Sous l'impulsion de son roi païen Tiridate IV (298-330) et de Grégoire l'Illuminateur, persécuté autrefois par ce denier qu'il emmena à la foi chrétienne, l'Arménie devint le premier État chrétien au monde. Toutefois une ancienne tradition (légende ?) affirme que l'Arménie aurait déjà été en contact avec le christianisme dès le Ier siècle par l'intermédiaire de deux des Douze apôtres, Barthélemy et Thaddée (Matthieu 10,2-3;Marc 3,16-19, etc.).

Une communauté religieuse arménienne est présente à Jérusalem depuis le Ve siècle et des sources arméniennes remontent le premier patriarcat à une charte donnée par le Calife Omar au patriarche Abraham en 638. Le patriarcat arménien de Jérusalem fut installé en 1311.

Tout au long du XIXe siècle, pendant et après la Première guerre mondiale, la communauté locale arménienne s’était agrandie. Avant 1939, on dénombrait plus de 15000 membres qui constituaient le troisième groupe chrétien le plus important. Aujourd’hui cette communauté compte moins de 2500 à 3000 personnes qui vivent dans la quartier arménien de Jérusalem, ainsi qu’à Haïfa, Jaffa, Ramallah ou encore Bethléem, ainsi qu’à Amman, en Jordanie.

Histoire générale des Arméniens

- 301 : adoption du christianisme par décret royal. L'orientaliste Jean-Pierre Mahé propose plutôt en 313.

- 403 : création de l'alphabet arménien (ci-contre) et traduction de la Bible.

- 428-654 : dominations perse et byzantine.

- 654-884 : domination arabe.

- Fin IXe - XIe siècle : royaumes arméniens des Bagratouni et des Arzrouni.

- 1064 : chute du royaume d'Ani et début de la domination des Turcs Seljoukides.

- 1080-1375 : royaume de Cilicie ou «Petite Arménie».

- À partir de 1502 : dominations persane et turque ottomane.

- 1828 : annexion de l'Arménie orientale par la Russie.

- 1915-1916 : génocide des Arméniens de l'empire ottomane.

- 1918 : Première république d'Arménie.

- 1921 : soviétisation de l'Arménie.

- 1991 : indépendance et Deuxième république d'Arménie.

Le poète arménien Parouir Sévak (en arménien Պարույր Սևակ) (1924-1971) écrivait :

«Nous sommes peu, mais on nous appelle Arméniens. Nous représentons, il est vrai, qu'un peu plus du millième de la population mondiale. mais notre alphabet original fait partie des seuls 25 alphabets utilisés dans le monde. C'est sans doute cette richesse culturelle extraordinaire de disposer d'un alphabet propre qui fait aussi l'originalité de la culture arménienne. Un particularisme qui est une force de différence dans un globe enclin à la mondialisation et l'uniformisation des modes de vies et des cultures.»

La langue arménienne et son alphabet

L’arménien, langue indo-européenne, n’est écrit qu’à partir du Ve siècle. Selon son biographe, l’historien Koriwn (390 ?-447), c’est un moine nommé Mesrop Mashtots qui aurait inventé l’alphabet dans les années 400 pour pallier à l’absence d’écriture.

L’Arménie, officiellement chrétienne depuis déjà plus d’un siècle, devait alors lire les Livres sacrés en grec ou en syriaque incompréhensibles pour une grande partie de la population. Suivant le récit qui en est fait, le savant moine, avec l’accord du roi et du patriarche, expérimenta un système de notation existant en Syrie puis inventa ses propres caractères alors qu’il se trouvait à Édesse. Il en fit ensuite affiner le graphisme par un calligraphe et grammairien grec du nom de Hropanos.

À son retour en Arménie, il traduisit tous les Livres de la Bible avec la collaboration de deux de ses disciples, Voyhan et Yovsep.

Les spécialistes de l'arménien considèrent comme établi qu'il y a eu deux traductions successives des Écritures en arménien:la première consista en une traduction hâtive entreprise avant le Concile oecuménique d’Éphèse en 431;la deuxième, une révision importante faite sur la base des manuscrits «sûrs, fidèles et authentiques» rapportés de Constantinople par la délégation arménienne au Concile d’Éphèse.

L'étude des relations entre la traduction de la Bible en arménien classique et le syriaque nous amène à conclure qu'il y a d'importants vestiges du syriaque dans le texte de l'ancienne traduction arménienne de la Bible.

La langue arménienne aujourd'hui

Après avoir traversé l'ère du christianisme, l'arménien reste toujours une langue vivante parlée par sept millions de locuteurs à travers le monde. Proche du grec, elle a emprunté au perse (l'iranien), un stock lexical important. Mais elle absorbe aussi des mots turcs, français, latins et russes. La langue moderne conserve une continuité rare avec la langue du Ve siècle.

Dioclétien, empereur romain de 284 à 305.

Aureus.

Avers : DIOCLETIANVS AVGVSTVS

Revers : CONSVL IIII P P PROCOS.

Il déclencha une vague de persécutions

contre les chrétiens au cours des

15 dernières années de son règne.

Il installa, en 298, Tiridate IV sur le trône d'Arménie. © cgb.fr.

Ci-dessous : la chorale de jeunes filles de l’Église arménienne Notre-Dame de Gyumri (Arménie) en concert à la cathédrale arménienne catholique de Paris. Domaine public.